L’affectation de 1000 ha de terres à un privé est un véritable scandale foncier qui secoue VELINGARA. Les populations de Pakour disent niet. Le département de Vélingara est lâun des 45 départements du Sénégal et l’un des 3 départements de la région de Kolda, en Haute-Casamance. Pakour est l’un des arrondissements du Sénégal. Il est situé dans le département de Vélingara et la région de Kolda, en Casamance, dans le sud du pays.
Affectation de 1000 ha de terres à un privé à VELINGARA
Le Conseil municipal de Pakour, département de Vélingara, a octroyé 1000 ha de terres à Mamadou Sall, propriétaire dâune grande bananeraie à Gouloumbou, village à cheval entre les départements de Tambacounda et Vélingara.

Les populations riveraines de la forêt en question sâopposent et invitent le maire Diarga Sané à annuler cette délibération.

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Les populations de 12 villages de la commune de Pakour, à lâEst du département de VélinÂgara, ont organisé une marche lundi passé pour dénoncer lâexpropriation/affectation de 1000 ha de terres par le Conseil municipal.
Il sâagit dâune forêt de près de 9 km de long coincée entre les villages de Anambé Couta, Kountada, Sinthiang Fally, Diaocounda, Sinthiang Madia, Saliya, Manato, SinÂthiang Mandou, Sinthiang Téningâ¦et le cours dâeau la «Kayanga».
Certains villages seraient à moins de 500 m du cours dâeau qui abrite le barrage hydroagricole qui irrigue les terres aménagées dans la vallée de lâAnambé.
Mountaga Sabaly, notable du village de Kountada, explique : «Depuis quelques mois, nous constatons que des arbres de cette forêt sont revêtus dâune couche de peinture. Aux nouvelles, on nous a informés que ces terres ont été attribuées à un certain Mamadou Sall, propriétaire dâune imposante bananeraie à Gouloumbou (village à cheval entre les départements de Tambacounda et de Vélingara). Il compte y implanter une bananeraie quâil va entièrement clôturer. Aucun chef des villages riverains de la forêt nâa été mis au courant de la décision municipale. Câest inacceptable.»
Les populations de Pakour disent niet
Flanqué dâune centaine de personnes qui ont participé à la procession, il défend : «Nos villages doivent leur survie à ce cours dâeau. Nous priver dâaccéder à ces eaux, câest nous demander de migrer vers la Guinée-Bissau, ce qui est impensable.»

Dans ces eaux et alentours, sâeffectuent des activités de pêche, de maraîchage et de dâabreuvage du bétail.
Mieux, «câest lâunique forêt du département qui abrite encore des peuplements de bambou. Tout village victime dâincendie vient sâapprovisionner en bambou dans cette forêt et lâessentiel de lâhabitat de la localité est fait de bambou», a poursuivi le sexagénaire Sabaly.
«Il ne sâest pas agi dâune décision unilatérale», selon le maire
Pour ces populations, câest le maire Diarga Sané qui est responsable de cette situation.
«Il veut éteindre toutes les activités économiques de nos villages. Et câen sera fini pour lâélevage (pas de pâturage), pour lâapiculture, le maraîchage ou la pêche.»
Le Maire, Diarga Sané, joint par téléphonique, rétorque : «Il ne sâest pas agi dâune décision unilatérale du maire.

Câest par délibération du Conseil municipale approuvée par lâautorité administrative que nous avons attribué ces 1000 ha à Mamadou Sall.
Auparavant, jâai pris le soin de lâinviter devant le Conseil municipal pour présenter son projet et dire les opportunités qui seront créées pour les populations riveraines.
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Il a pris lâengagement de créer 250 emplois par an, construire une piste de production, construire un poste de santé, doter ces villages de moulins multifonctions et de jardins maraîchers.»
Malgré tous ces avantages annoncés, les populations du «Pathiana» -nom de la province- campent sur leur position et décident de se battre pour la désaffectation de ces terres par le Conseil municipal.
Pillage organisé de la flore
A qui la gestion des arbres qui peuplent la forêt ainsi octroyée au promoteur privé Mamadou Sall ? Quid de lâexploitation de ces arbres-là ?
En tous les cas, notre visite dans cette forêt nous a permis de constater que le bois est en train dâêtre exploité à outrance en ces lieux. Et ce sont des bois bien sur pied que lâon tue exprès.

Le modus operandi des exploitants forestiers, attitrés ou du dimanche, mettent le feu au pied de lâarbre, le clouent de pointes de toutes parts ou lâaspergent de produits chimiques.
Au bout de quelques semaines, lâarbre perd sa verdeur et, par la suite, est bon pour lâexportation vers les grands centres urbains du Sénégal en tant que «bois mort». Alors quâil sâest agi de «bois tué».

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Et le bambou, qui est si précieux pour ces populations rurales et si couteux à la vente ?
Il ne se retrouve nulle part ailleurs dans le département de Vélingara. On sera obligé, le moment venu, dâaller le chercher en Guinée-Bissau voisine, avec tous les risques de surenchère et dâillégalité qui pourraient en découler.













