Les violences à l’encontre des femmes, y compris pendant la grossesse, constituent un problème majeur de santé publique, pouvant entraîner la mort, le handicap, et différents troubles de santé mentale et physique, que ce soit chez la mère ou pour l’enfant à naître.

La fréquence de ces abus physiques pendant la grossesse a fait l’objet d’une enquête afin de mieux connaître les situations à risques et aider les professionnels de santé à développer des stratégies préventives.

L’objectif de cette étude était de connaître la fréquence des violences physiques pendant la grossesse, ainsi que les facteurs de risque et les conséquences pour la mère et l’enfant, précisent les chercheuses de l’Inserm et du Centre de recherche en épidémiologie et statistiques de l’université de Paris qui ont conduit cette enquête : « Jusqu’à présent, nous n’avions pas de données concernant les violences physiques, spécifiquement pendant la grossesse, à l’échelle nationale. » Publiée dans le Maternal and Child Health Journal, l’étude a porté sur 12.330 femmes.

Les cohortes sont issues de l’Enquête nationale périnatale de 2016.

Selon leurs calculs, 1,8 % de l’ensemble des femmes interrogées ont subi des violences physiques pendant leur grossesse.

Bien que la proportion soit difficile à estimer et qu’elle varie selon les régions, environ un tiers des femmes dans le monde entier sont victimes d’abus physiques ou sexuels, infligés par leur partenaire ou une autre personne.

L’étude démontre que les femmes qui vivent seules mais en couple non cohabitant ou sans partenaire, sont plus nombreuses à subir des violences.

Les abus physiques et violences physiques s’avèrent également plus fréquents pour celles qui vivent au sein d’un ménage aux ressources financières modestes.

Autre élément relevé par l’enquête par ailleurs, certains comportements, comme la consommation de tabac ou de cannabis, sont plus fréquents chez les femmes victimes de violences physiques.

Des risques pour la mère et l’enfant à naître

Young Palestinian groom Ahmed Soboh, 15 and his bride Tala, 14, stand inside Tala's house which was damaged during an Israeli strike in 2009, during their wedding party in the town of Beit Lahiya, near the border between Israeli and northern Gaza Strip September 24, 2013. REUTERS/Mohammed Salem (GAZA - Tags: CIVIL UNREST SOCIETY POLITICS) - RTX13XZG
Young Palestinian groom Ahmed Soboh, 15 and his bride Tala, 14, stand inside Tala’s house which was damaged during an Israeli strike in 2009, during their wedding party in the town of Beit Lahiya, near the border between Israeli and northern Gaza Strip September 24, 2013. REUTERS/Mohammed Salem (GAZA – Tags: CIVIL UNREST SOCIETY POLITICS) – RTX13XZG

Des violences subies lors de la grossesse peuvent avoir des conséquences très lourdes sur la santé de la future mère : 62 % des femmes ayant subi des abus physiques ont affirmé avoir été en situation de détresse psychologique pendant la grossesse, contre 24 % pour les autres femmes.

Les répercussions sont également importantes sur le nouveau-né, les violences étant associées à un risque plus élevé de naissance prématurée ou de transfert de l’enfant dans une unité de soins intensifs.Depuis le début de l’année 2019, 74 femmes sont mortes sous les coups de leur partenaire ou de leur ex-conjoint

« Une meilleure connaissance des facteurs associés aux situations de violences et la mise en évidence des complications pour la mère et pour l’enfant devraient aider les professionnels de santé à développer des stratégies préventives ou de protection et les conduire à évoquer cette question lors des consultations anténatales », soulignent les chercheuses.

Sensibiliser la société à ce fléau

Dimanche 7 juillet, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a annoncé le lancement d’un « Grenelle sur les violences conjugales », qui devrait démarrer dès le 3 septembre à Matignon.

La ministre promet « une grande mobilisation nationale » afin de sensibiliser toute la société à ce fléau. Cette annonce fait suite à la manifestation parisienne du 6 juillet contre les féminicides en France.

Depuis le début de l’année 2019, 74 femmes sont mortes sous les coups de leur partenaire ou de leur ex-conjoint.

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