La Crise en Ukraine, énergies et Covid-19 font la Une de la revue de presse dominicale. Les conséquences en Suisse de l’invasion de l’Ukraine par la Russie continuent d’occuper les colonnes des journaux dominicaux, qui relèvent également la hausse des cas Covid-19.

Crise en Ukraine, énergies et Covid-19: la revue de presse dominicale

Vladimir Poutine aux commandes d’un bombardier stratégique Tupolev-160
Vladimir Poutine aux commandes d’un bombardier stratégique Tupolev-160

L’invasion de l’Ukraine par la Russie fait à nouveau les titres de la presse dominicale. Des inquiétudes quant à la résurgence des cas de Covid-19 en Suisse sont également mentionnées.

Voici les principales informations, non confirmées à Keystone-ATS:

La guerre menée par la Russie en Ukraine aura très vite un impact sur les budgets des Suisses, prévient Le Matin Dimanche. Après la hausse des prix du gaz et de l’essence viendra très rapidement le tour de celui de la nourriture.

Selon John Plassard, spécialiste en investissement de la banque Mirabaud, il faut s’attendre à des hausses de prix allant de 10 à 15% cette année.

La plupart des denrées de base sont concernées:

beurre, oeufs, lait, pain, biscuits, huiles alimentaires. Les grands distributeurs du pays n’ont pour l’instant pas encore augmenté leurs prix, mais « la crise actuelle fera sûrement sentir son influence dans les prochains mois », estime dans le journal le porte-parole de Migros Tristan Cerf.

La guerre en Ukraine va également toucher les paysans, avertit le conseiller national Martin Haab (UDC/ZH) dans le SonntagsBlick. Il demande un nouveau plan Wahlen et une augmentation de l’auto-approvisionnement en Suisse. Chaque paysan devrait récolter quelques tonnes de céréales supplémentaires grâce à une production plus intensive, enjoint M. Haab.

Les projets écologiques insensés doivent en revanche être abandonnés, lâche encore l’UDC. Il est absurde de vouloir augmenter le degré d’autosuffisance alimentaire en important davantage d’engrais et de pesticides de l’étranger, lui répond son collègue parlementaire Kilian Baumann (Verts/BE). Il estime plus judicieux d’utiliser davantage de méthodes biologiques dans l’agriculture conventionnelle.

Gaz et pétrole russes

Revue de presse dominicale Internationale du 13 mars 2022 : Crise en Ukraine, énergies et Covid-19 1

L’abandon du gaz et du pétrole russes impacterait durement l’économie suisse, met en garde la SonntagsZeitung, relayant une étude du centre de recherches conjoncturelles KOF de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ).

Si les importations devaient rapidement s’arrêter, en raison, par exemple, d’un durcissement des sanctions contre la Russie, le produit intérieur brut (PIB) suisse devrait reculer de 3 à 4% pendant deux ans.

La Suisse pourrait cependant échapper à une récession grâce aux effets de rattrapage dus à la pandémie de Covid-19. Le KOF estime que les livraisons de gaz et de pétrole de Russie peuvent être remplacés en partie par d’autres pays.

La réduction des réserves stratégiques peut également aider pendant la période de transition, ajoute l’institut.

[EN DIRECT] Guerre en Ukraine_ en Russie, la répression des manifesta_ - www.kafunel.com -Capture
[EN DIRECT] Guerre en Ukraine_ en Russie, la répression des manifesta_ – www.kafunel.com -Capture

Pour se libérer au plus vite du gaz russe, le parti socialiste (PS) propose six mesures relayées par Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung, permettant de diminuer de 20% la consommation de gaz en Suisse en un an.

Pour cela, il demande qu’un tiers des 300.000 chauffages à gaz du pays soit remplacé par des pompes à chaleur. La Confédération devrait verser au moins 12.000 francs à chaque propriétaire de maison pour le changement de chauffage.

Ce plan de 3,1 milliards de francs serait financé par le budget fédéral ordinaire, indique dans Le Matin Dimanche le conseiller national Roger Nordmann (PS/VD), également président du groupe socialiste aux Chambres fédérales.

« Cela créera un peu de déficit et d’endettement, mais c’est un investissement qui vaut la peine et diminue la vulnérabilité de la Suisse ». La proposition socialiste est soutenue par des élus du Centre et des Verts.

Les Verts réclament également des mesures contre la hausse des coûts de l’énergie. La Suisse doit introduire des dimanches sans voiture, comme lors du choc pétrolier dans les années 1970, lâche dans la NZZ am Sonntag le président du parti, Balthasar Glättli. Il propose aussi une réduction de la vitesse maximale sur l’autoroute à 80 ou 100 km/h.

L’éclairage des routes nationales peut en outre être diminué, selon lui. PS et Verts ne sont pas les seuls à réclamer des mesures. Ainsi l’UDC exige que la Confédération renonce à une partie des taxes sur les carburants, le mazout et l’électricité pour limiter les effets des hausses de prix sur le porte-monnaie des Suisses.

Conséquences en Suisse

Jytomyr provoquant un incendie. Selon les services de secours ukrainiens, le feu a été maitrisé aux alentours de 5h TU ce mardi
Jytomyr provoquant un incendie. Selon les services de secours ukrainiens, le feu a été maitrisé aux alentours de 5h TU ce mardi

L’Union syndicale suisse (USS), qui redoute une hausse du chômage en Suisse, exige du Conseil fédéral des mesures immédiates de soutien à l’économie pour faire face à la guerre en Ukraine, indique la SonntagsZeitung. Le pouvoir d’achat des consommateurs doit être renforcé, martèle le syndicat.

Il demande en outre au Conseil fédéral de prolonger jusqu’en juin le chômage partiel simplifié, pour éviter des licenciements dans les secteurs aérien et du tourisme, ainsi que dans l’industrie d’exportation.

Il réclame par ailleurs un remboursement rapide par le gouvernement de la taxe sur le CO2, qui est passée de 96 à 120 francs par tonne de CO2 au 1er janvier.

L’USS veut également des augmentations générales de salaire lors des prochaines négociations salariales, déclare l’économiste en chef du syndicat Daniel Lampart dans le SonntagsBlick.

De nombreuses personnes risquent de voir leur pouvoir d’achat diminuer, en raison de la récente hausse des prix de nombreux produits, ajoute-t-il.

Si la bonne situation économique actuelle devait se maintenir, de nombreuses entreprises pourraient faire preuve d’une certaine flexibilité sur des hausses de salaires, lui répond dans le journal le directeur de l’Union patronale suisse, Roland Müller. Il reconnaît qu’une hausse du pouvoir d’achat aurait un effet positif sur le moral des consommateurs.

La guerre en Ukraine et les menaces qu’elle fait peser sur les centrales atomiques ukrainiennes provoque une ruée dans les pharmacies suisses, rapporte Le Matin Dimanche.

« Nous enregistrons […] une demande accrue de comprimés d’iode », qui servent à réguler la thyroïde en cas d’inhalation de certaines particules radioactives, déclare dans le journal Nicole Demierre Rossier, porte-parole de PharmaSuisse, la société suisse des pharmaciens.

La crise ukrainienne a également une incidence sur la consommation générale de médicaments, précise-t-elle. Selon le panorama 2022 d’Addiction Suisse, il s’agit notamment d’un recours accru aux substances psychoactives, comme les tranquillisants et les somnifères.

Accueillir jusqu’à 60.000 personnes

La secrétaire d’Etat aux migrations Christine Schraner Burgener estime dans le SonntagsBlick que la Suisse est prête à faire face à la forte augmentation du nombre de réfugiés arrivant d’Ukraine.

Près de 2800 personnes ont, pour l’instant, été enregistrées, dont 832 ayant trouvé refuge chez des parents ou des amis. Selon elle, il est difficile de dire combien de réfugiés vont venir d’Ukraine. La Confédération s’attend à accueillir jusqu’à 60.000 personnes.

Elle dispose de 9000 places pour l’hébergement à court terme. Au-delà, les réfugiés seront hébergés par les cantons ou chez des particuliers. La secrétaire d’Etat espère qu’ils ne devront pas être logés dans des salles de gymnastique.

La situation sanitaire est inquiétante en Suisse, en raison de la forte hausse du nombre de cas de Covid-19, alerte l’épidémiologiste Marcel Salathé dans la SonntagsZeitung.

Il appelle le Conseil fédéral à la prudence, lui demandant d’attendre encore avant de passer à la dernière étape de la levée des mesures de restrictions. Il propose de ne pas supprimer totalement l’obligation de porter un masque sanitaire dans les transports publics.

Il recommande aussi de maintenir l’obligation d’isolement en cas de Covid-19, jusqu’à ce que le nombre de nouveaux cas d’infections soit à nouveau bas.

Avancée des troupes russes en Ukraine, le 1er mars à 8h00, heure de Paris.
Avancée des troupes russes en Ukraine, le 1er mars à 8h00, heure de Paris.

L’épidémiologiste avertit en outre que la Suisse doit se préparer à une nouvelle vague du coronavirus en automne. Selon lui, il faudrait envisager une quatrième dose du vaccin anti-Covid-19 pour une grande partie de la population.

La Protection suisse des animaux (PSA) veut lancer une initiative populaire, visant à contraindre les magasins à proposer la viande issue d’une production respectueuse des animaux à un prix plus avantageux, écrit la NZZ am Sonntag.

Outre les produits biologiques, les labels s’orientant vers des normes de bien-être des animaux et allant au-delà du minimum légal seraient concernés.

La PSA a pris contact avec des experts juridiques pour clarifier la forme que pourrait prendre une telle initiative. Le professeur d’économie Mathias Binswanger, qui soutient la démarche, estime dans le journal qu’il est important d’impliquer les paysans dans le projet.

Ces derniers devraient in fine recevoir plus d’argent, poursuit le professeur, et les prix de la viande labellisée devraient baisser pour les clients.

Mais, ajoute-t-il, le projet interviendrait fortement dans les affaires des grands distributeurs Coop et Migros, les plus gros acheteurs de viande suisse.

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